Numérisation semi-automatique en broderie machine: Difference between revisions

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COPIE DE SAUVGARDE DE EDU TECHWIKI - MISE EN PAGE ET IMAGES en route

File:Fleur-avec-nuage-nette.pngNumérisation semi-automatique en broderie machine
finalisé débutant
2026/07/17
Prérequis
Objectifs
  • Lister les avantages de la numérisation semi-automatique
  • Identifier les étapes
  • Utiliser les techniques de base
Voir aussi
Category: Broderie machine


Introduction

Template:BoiteResume

La Template:Indexit numérisation semi-automatique consiste d'abord à sélectionner ou à créer une image nette, précise, simple et avec peu de couleurs, donc à peu près compatible avec la logique de la broderie machine. Ensuite on convertit l'image ou ses objets en objets de broderie, un processus qui diffère selon le type d'image et les possibilités du logiciel utilisé. Pour finir, il faut parfois adapter la forme de ces objets, et dans tous les cas il faut ajuster les paramètres de broderie, y compris les types de remplissage.

La numérisation semi-automatique présente les avantages suivants :

  1. On peut profiter de de larges bibliothèques de Template:Indexit «clipart», certaines gratuites et d'autres payantes.
  2. On peut créer un dessin de précision avec un outil de dessin vectoriel (Inkscape, Illustrator, Corel Draw, etc.). Par rapport aux capacités de dessin d'un logiciel de broderie typique, il s'agit d'un avantage non négligeable lorsqu'on crée des logos et des écussons.
  3. On peut créer très rapidement un motif de broderie de qualité « potable ». Toutefois, sachez qu'une broderie de qualité demande en règle générale autant de travail que la numérisation classique.

La numérisation totalement automatique — c'est-à-dire sans intervention — donne souvent de mauvais résultats, pour deux raisons principales : on utilise une image inappropriée comme point de départ, et on ne contrôle pas assez le processus de conversion. La numérisation semi-automatique, par contre, repose sur un processus en trois étapes :

  1. Préparation du dessin Template:Indexit : création d'un dessin vectoriel (SVG/AI) ou d'une image matricielle haute définition (PNG à ≥ 600 DPI) avec des contours nets et un nombre de couleurs limité. Si l'image est de mauvaise qualité, on la nettoie le plus possible avec un outil de traitement d'images comme Topaz.
  2. Si l'image est vectorielle, on conseille de la préparer en gardant à l'esprit la forme des objets que vous désirez broder. Un bon logiciel de numérisation va éliminer les superpositions plus ou moins selon son bon vouloir ; il est donc préférable de le faire soi-même en utilisant les outils de soustraction ou d'aplatissement dans le logiciel de dessin.
  3. Importation dans le logiciel : le fichier est importé dans un logiciel compatible (ex. Hatch Embroidery, Stitch Era, Ink/Stitch).
  4. Numérisation. Le logiciel peut offrir une assistance pour réduire les couleurs d'une image matricielle, définir des paramètres par défaut pour une couleur, etc. Stitch Era permet de définir s'il faut enlever toutes les superpositions, seulement les larges, ou aucune. Ensuite, on décide si on numérise le tout en une fois, par groupe ou objet par objet.
    • Numérisation par objet. L'utilisateur sélectionne des objets (dessin vectoriel) ou des zones de couleur (dessin matriciel) et fait une conversion vers un type d'objet de broderie (remplissages, colonnes satin, lignes en points avant, etc.), qu'il peut ensuite ajuster (ordre, densité, direction des points, textures).
    • Numérisation par groupes d'objets : l'utilisateur sélectionne des groupes d'objets à transformer. Cette stratégie est utile dans des logiciels comme Stitch Era, car on peut varier les stratégies de gestion des superpositions. Par exemple, on peut choisir les petits objets à la fin pour qu'ils soient numérisés en satin et posés par-dessus les objets en tatami déjà numérisés.
    • Alternativement, on peut convertir l'image dans son ensemble et laisser le logiciel prendre des décisions. Dans certains logiciels comme Hatch, on peut profiter d'une légère optimisation : Hatch va dessiner quelques chemins de liaison.

Rappelons que cette méthode permet de travailler avec de l'« artwork » dans un bon logiciel de dessin, tout en allégeant la charge de travail manuelle grâce à l'utilisation de clipart existants. Elle constitue une alternative efficace à la numérisation entièrement automatique ou entièrement manuelle. Pour créer ses propres dessins, il est fortement conseillé d'utiliser un vrai outil de dessin comme Inkscape, Illustrator ou Corel Draw afin de produire un dessin de qualité. L'avantage d'un dessin vectoriel par rapport à un dessin matriciel (de qualité) est qu'on peut dessiner des objets superposés — par exemple des petits yeux en satin brodés sur un tatami, ou encore des lignes ajoutant une sorte de texture. Un outil comme Canva produit du code assez chaotique ; il faut l'utiliser avec précaution.

Voir aussi :

Ci-dessous, on aborde quelques étapes importantes qui peuvent intervenir dans le processus.

Créer des images vectorielles à partir d'une image matricielle simple

Rappelons d'abord que nous déconseillons fortement le traitement automatique de photos et autres images complexes. Créer de la broderie à partir de ce type d'objets est généralement voué à l'échec si on n'est pas expert en manipulation d'images. Nous déconseillons également la numérisation automatique d'images matricielles et conseillons de passer d'abord par une vectorisation, principe expliqué ici. Toutefois, si l'image est propre et si le logiciel numérise bien — en ajoutant par exemple des superpositions et/ou des compensations d'étirement, comme c'est le cas pour Hatch — numériser une image matricielle directement est beaucoup plus simple et fera gagner du temps. Autrement dit, vous pouvez ignorer cette étape dans ce cas.

Transformer un dessin matriciel en dessin vectoriel présente l'avantage qu'on peut modifier le dessin pour le rendre plus compatible avec la broderie. La transformation d'une image simple vers une image vectorielle comprend deux étapes principales : (1) Template:Indexit réduire les couleurs et (2) Template:Indexit vectoriser cette image réduite. Durant ces deux étapes, on éliminera aussi des détails trop petits pour être brodés ainsi que du « bruit » divers. Certains logiciels de broderie, comme Stitch Era, soutiennent tout le processus (lire Stitch Era - créer une broderie à partir d'une image matricielle) ; d'autres logiciels comme Ink/Stitch ou Hatch non. Pour Hatch 3 ou 4, on conseille l'achat du module CorelGEM (dessin vectoriel) qui permet une conversion plus souple d'un dessin vectoriel, même si on utilise un logiciel externe comme Inkscape.

Réduction de couleurs d'une image matricielle avec un exemple

Un bon logiciel de traitement d'image comme Photoshop ou le logiciel gratuit GIMP permet de réduire les couleurs d'une image. Cela simplifie grandement le processus de vectorisation, car on pourra (si tout va bien) créer un objet de dessin à partir de chaque objet identifié par une couleur. On décrit l'utilisation de GIMP dans l'article InkStitch - broderies à partir de dessins faits à la main. En bref, il faut utiliser la fonction d'indexation de couleur que l'on décrit ci-dessous.

Ici on montre un exemple simple avec GIMP, tout en rappelant qu'il existe d'autres outils (y compris dans les bons logiciels de broderie). On part d'une image d'un emoji Cat with Tears of Joy, plus précisément d'une ancienne variante de la police de Microsoft, pour laquelle on n'avait pas d'image vectorielle (à partir de 2022, les dessins vectoriels Microsoft sont devenus également publics avec la police « Fluent »).

Ci-dessous vous trouverez divers fichiers utilisés et que vous pouvez télécharger pour essayer.

L'objectif est de réduire les couleurs de façon à ce que chaque « objet » ait une couleur différente. Cela n'est pas toujours possible, mais facilite les étapes suivantes. Estimez un nombre de couleurs nécessaires (typiquement entre 3 et 20) et essayez la réduction. Si le résultat n'est pas convaincant, annulez (Ctrl-Z) et recommencez.

  • Ouvrir l'outil : Image → Mode → Indexed
  • Définir le nombre de couleurs souhaité : Color Index

Voici des captures d'écran qui montrent les opérations les plus importantes.

Notez qu'on peut effectuer d'autres opérations avant de réduire les couleurs, notamment jouer avec la saturation ou la luminosité.

Vectorisation

Une fois qu'on a une image matricielle réduite et propre, on peut la vectoriser. Il faut importer l'image matricielle dans un logiciel de dessin comme Inkscape ou Illustrator. Dans Stitch Era, on utilisera tout simplement l'outil de vectorisation intégré ; on peut aussi utiliser celui d'un outil externe, puis importer le fichier vectoriel. Chacun de ces outils de vectorisation a un nombre de paramètres qu'il faut régler, notamment :

  • Type de traçage : ici on choisit par couleurs.
  • Pixels isolés à éliminer : mouchetures (angl. speckles).
  • Adoucir les coins / lissage (lignes, coins ou joints arrondis).
  • Optimisation (élimination de détails).

Ci-dessous on montre un exemple fait avec Inkscape (Menu Chemin → Vectoriser un objet matriciel).

Voici les valeurs de paramétrage utilisées. Il faut les adapter au type d'image et au résultat voulu. Souvent plusieurs tentatives sont nécessaires :

  • Mouchetures : 4 (on élimine tous les objets qui ont moins de 5 pixels).
  • Adoucir les coins : plus la valeur est petite, plus les coins sont pointus. « 0 » signifie pas de lissage ; on suggère de commencer avec la valeur 1.
  • Optimiser : plus la valeur est petite, plus de nœuds seront créés. On suggère de commencer avec la valeur 0,2.
  • Nombre de passes (scans) : nombre de couleurs présentes dans le dessin, plus l'arrière-plan s'il en a un.

Étant donné qu'on a une faible résolution en broderie, on peut utiliser en règle générale des paramètres de vectorisation assez « agressifs ». Par contre, il ne faut pas que les formes changent trop. Utilisez le bouton « Mettre à jour » pour pré-examiner le résultat avant de cliquer sur « OK ».

Le résultat comprend parfois des objets en trop qu'il va falloir supprimer. Pour les identifier, ouvrez le panneau Calques et objets et cliquez sur un objet après l'autre. Dans la plupart des outils, l'image vectorisée reste affichée et il faut donc la cacher ou la supprimer pour voir le résultat. Ce n'est pas le cas de Stitch Era, qui supprime l'image après une vectorisation (donc attention !).

Numérisation directe d'images matricielles

La plupart des logiciels (en tout cas Stitch Era, Hatch, PE-Design, Artspira) soutiennent la numérisation directe d'images matricielles. Template:Indexit Comme on l'a déjà évoqué, cette méthode exige une image de bonne qualité, ce qui n'est presque jamais le cas. En outre, on a relativement peu de contrôle sur le traitement. Hatch inclut deux méthodes intéressantes que l'on décrit plus en détail dans l'article Hatch Embroidery 3 - numérisation automatique :

(1) La méthode Numérisation automatique de broderie (angl. « Auto-digitize Embroidery ») offre les fonctionnalités suivantes :

  • Réduction de couleurs : permet de réduire grossièrement le nombre de couleurs.
  • Fusion de couleurs : permet de réduire finement le nombre de couleurs qui restent après une première réduction.
  • Identification d'un type de remplissage (tatami ou satin ou ligne) selon la couleur, ce qui permet par exemple de gérer des lignes de contour.

(2) La méthode « Cliquer pour » Template:Indexit (angl. « Point to click ») autorise une gestion plus fine du processus de numérisation automatique :

  • Elle inclut également, comme première étape, la réduction et fusion de couleurs décrite ci-dessus.
  • Ensuite, on peut numériser plage sur plage de couleur :
    • cliquer pour remplir crée un tatami sur toute la surface sélectionnée, y compris les surfaces intérieures.
    • cliquer pour remplir sans jour crée un tatami sans trous, utile si on pense broder de petits éléments qui se trouvent dans cette surface avec des satins.
    • cliquer pour créer satin en points tournants crée un satin standard défini par deux bords et des lignes de direction.
    • cliquer pour créer contour crée une ligne de contour. On peut tout à fait cliquer sur un objet déjà numérisé en tatami ou en satin pour obtenir un contour.
    • cliquer pour créer une ligne centrale crée du « line art » ou d'autres éléments qui doivent être brodés en lignes (points avant simples, répétés ou satin).

600px|vignette|néant|Cliquer pour remplir dans Hatch — 5 possibilités

Ce type d'outils donne des résultats corrects, à condition d'ajuster les lignes de direction, etc. Par contre, il manque la précision du dessin vectoriel et il faudrait parfois couper ou fusionner des objets. Par exemple, après une vectorisation de cette oie en image matricielle, on aurait scindé les parties blanches et grises pour mieux maîtriser le choix et l'orientation des points.

Notons encore qu'il existe des outils comme Topaz qui permettent d'améliorer la précision d'une image, mais ils sont payants et pas toujours très performants sur des graphismes pixelisés ou autrement mal exportés.

Préparation des dessins vectoriels à numériser

Rappelons encore une fois qu'on conseille de commencer un projet de broderie par un dessin vectoriel simple Template:Indexit, car il est plus facile de numériser un dessin bien préparé qui ôte par exemple des détails inutiles. Une numérisation automatique (à condition de faire des ajustements ultérieurs) est plus facile que de numériser manuellement des objets de broderie. Aussi, la numérisation automatique à partir d'un dessin vectoriel est généralement de meilleure qualité qu'une numérisation à partir d'une image matricielle (car cette dernière doit de toutes les façons effectuer une vectorisation pour créer des objets de broderie).

  • Certains logiciels comme Stitch Era ou Chroma incorporent un module de dessin, mais permettent aussi d'importer des formats vectoriels variés comme AI, CDR, SVG, EMF, etc. Dans Stitch Era, il existe aussi la possibilité d'importer directement un fichier ouvert dans Photoshop ou Corel Draw. Le logiciel de broderie Hatch inclut (avec l'extension CorelGEM, en option) le logiciel de dessin Corel Draw.
  • Ink/Stitch, étant une extension d'Inkscape, est basé sur le dessin vectoriel par définition.

Si au départ on désire numériser une image matricielle (PNG, JPG, GIF, etc.), on conseille aussi de passer par un dessin vectoriel, procédure décrite ci-dessous. Si la qualité de l'image est mauvaise, il faut redessiner l'image, soit en vectoriel soit en numérisation classique.

  • Des logiciels grand public comme PE-Design n'ont pas de module de dessin, mais permettent d'importer certains formats vectoriels — qui sont toutefois immédiatement traduits en matriciel.
  • D'autres comme Hatch peuvent importer un choix limité de formats vectoriels, notamment EPS. Son traitement d'images matricielles est bon ; si on ne désire pas travailler avec des objets superposés, on conseille d'exporter un fichier matriciel de bonne qualité depuis le logiciel de dessin.

Préparation d'une image vectorielle — Opérations de base

Selon le logiciel et selon le mode d'importation utilisé, il faut préparer le fichier vectoriel sur trois plans principaux : améliorer la qualité du dessin, éliminer les détails, gérer les superpositions. Stitch Era fait un excellent travail pour importer un dessin depuis un fichier ouvert dans Illustrator ou Corel Draw. L'importation directe d'un fichier SVG fonctionne nettement moins bien et nécessite de suivre les étapes ci-dessous. Pour Ink/Stitch et Hatch, ces étapes sont également nécessaires. On présente ici le principe avec quelques références vers Inkscape et Ink/Stitch.

Une fois un dessin vectoriel créé ou sélectionné, il faut passer par les étapes suivantes pour obtenir une variante « compatible broderie » :

  1. Ajustement (approximatif) de la taille. Template:Indexit On conseille de régler votre outil de dessin en mm et d'adapter ensuite la taille du document. Dans Inkscape : Menu → Fichier → Propriétés du document (angl. File → Document Properties).
  2. Élimination de tous les détails trop petits. Les fils standards ont un diamètre d'environ 0,2 mm et on utilise donc environ 5 fils/mm pour couvrir une surface. Les aiguilles ont une épaisseur de 0,75 mm. Un objet de 0,5 × 0,2 mm crée un trait avec deux nœuds et un point au milieu : il va tirer sur le tissu et sera à peine visible. Il faut donc éviter de travailler avec des détails trop fins.
  3. Élimination d'objets superflus. Lorsqu'on trace une image matricielle ou qu'on importe un dessin créé pour l'affichage web, le dessin peut contenir des objets superflus qu'on ne désire pas inclure dans la broderie. Voir aussi : le problème des superpositions.
  4. Élimination de couleurs non brodables — donc par exemple les dégradés et les transparences. Pas nécessaire pour Stitch Era à condition de passer par l'API d'Illustrator.
  5. Élimination des petites écritures, en gardant en mémoire qu'il faudra les recréer avec des polices de broderie déjà numérisées. Il faut à tout prix éviter de numériser automatiquement des petites et moyennes écritures — le résultat sera médiocre.
  6. Séparation des chemins complexes qui ne sont pas des polygones. Par exemple, si deux yeux se trouvent dans le même objet, il faut les séparer.
  7. Aplatissement du dessin. Template:Indexit Si votre logiciel de broderie ne sait pas le faire (Stitch Era le fait très bien), il faut absolument éliminer les larges superpositions. Illustrator ne permet pas de faire cela de façon efficace. Ink/Stitch (depuis la version 1.3.2) a une fonction « flatten ». CorelDraw a la fonction « simplify ». Si ces fonctions n'existent pas, il faut prendre les surfaces deux par deux et faire des soustractions. Ce problème est abordé plusieurs fois dans nos tutoriels spécifiques — lisez par exemple InkStitch - broder un emoji.
  8. Superposition légère de toutes les surfaces Template:Indexit qui ne doivent pas laisser apparaître du blanc entre les zones remplies. Alternativement, on peut travailler avec des compensations d'étirement dans le paramétrage, mais cela demande plus de maîtrise.
  9. Pour finir, on conseille d'harmoniser les couleurs en utilisant une palette réduite, comme décrit dans Palette de fil à broder. Une broderie typique ne devrait pas utiliser plus de 8 à 10 couleurs — souvent 2 ou 3 suffisent. Notamment pour broder plusieurs petits objets, il est avantageux d'utiliser des couleurs standardisées ; sinon il devient très difficile de retrouver les bons fils pendant la broderie ou dans l'écran de configuration d'une machine multi-aiguilles.

Voir aussi : Principes de la numérisation en broderie machine pour les explications sur les compensations et les superpositions.

Exemple simple d'une image vectorisée avec Ink/Stitch

On montre à titre d'illustration comment préparer une image vectorisée dans Inkscape pour son extension Ink/Stitch. On reprend le chat qui pleure de joie. On verra que ces opérations sont un peu chronophages, même pour un objet simple. Travailler avec une image matricielle serait encore plus compliqué. Cette étape est importante pour réussir une broderie dans Inkscape. Stitch Era est plus permissif, car son algorithme de numérisation est bien optimisé et son module d'importation directe depuis Illustrator est très efficace — il corrige automatiquement tous les objets (dégradés, certains objets non fermés, etc.).

Ci-dessous vous trouverez deux fichiers SVG utilisés et que vous pouvez télécharger pour essayer (cliquer deux fois sur chaque image et ensuite enregistrer la page web qui ne contient que le dessin SVG).

Redimensionner

Pour définir la taille du dessin, évitez d'utiliser la souris pour tirer sur la sélection ; entrez des nombres dans la barre de menu — c'est plus simple et plus précis. Ci-dessous on résume la procédure dans Inkscape. Elle sera similaire dans tous les logiciels de dessin.

  • Afficher le dessin en entier (appuyer sur « 4 » dans Inkscape).
  • Tout sélectionner : Ctrl-A.
  • Vérifier que les dimensions largeur et hauteur sont verrouillées.
  • Entrer soit la largeur, soit la hauteur.
  • Ajuster la taille du document soit à la taille de votre cadre de broderie, soit à la taille du dessin. Dans Inkscape : Fichier → Propriétés du Document → Redimensionner la page au contenu (angl. File → Document Properties → Resize to Drawing).

Organisation et vérification des objets

Notre chat contient au départ 7 objets que l'on a mis dans un calque « Broderie ». L'image originale se trouve dans un calque « Art », rendu invisible. L'objectif est de trier les objets à peu près dans l'ordre où ils doivent être brodés. Les logiciels de dessin et les logiciels de broderie ont des outils qui permettent d'afficher la liste des objets, qui peuvent être organisés à plat, en groupes ou en calques. Le fait d'utiliser des calques ou des groupes n'a pas d'effet sur la broderie. L'ordre de broderie est (par défaut) de bas en haut dans Ink/Stitch et de haut en bas dans Stitch Era et Hatch.

Avant toute opération, on conseille de vérifier les objets et de les lisser si possible. Cela les rend plus simples, donc va accélérer la numérisation. Mais cette opération va surtout fermer des polygones laissés ouverts par les dessinateurs.

Dans Inkscape :

  • Cliquer sur l'éditeur de nœuds et examiner l'objet. Pour un dessin non technique, on clique toujours une ou deux fois sur Ctrl-L. Cela lisse l'objet et élimine également des nœuds tordus. Toutefois, parfois il faut ajuster des nœuds, en ajouter ou en supprimer. Si la couleur disparaît après un lissage (tout devient noir), il suffit de cliquer sur « Fill » et/ou « Stroke » dans le panneau Fond et Contour (angl. Fill and Stroke).
  • Le chemin 877 semble être inutile (arrière-plan blanc) et on le supprime.
  • On sépare les larmes qui sont dans le même chemin « path871 » : Ctrl-L pour lisser, puis Chemin → Séparer ou Ctrl-Shift-K.
  • On sépare les 4 objets noirs (contour, 2× yeux, partie de la bouche). Le résultat peut faire peur car tout devient noir. Dans ce cas, il faut repositionner les objets qui cachent les autres et en éliminer si nécessaire.
  • On fait pareil pour les deux éléments orange de la bouche et les quatre éléments bruns clairs. Les quatre éléments bruns clairs incluaient en fait une dizaine de petits objets que l'on a tous supprimés. Deux objets nécessitaient une correction de la forme.
  • Ensuite, il faut trier les objets à peu près dans l'ordre. Faites cela avec le gestionnaire d'objets : Objet → Objets (angl. Object → Objects).

Superposition des objets

Cette étape est nécessaire Template:Indexit pour travailler avec un logiciel qui permet la numérisation de dessins vectoriels — par exemple Stitch Era, Ink/Stitch ou (de façon limitée) Hatch. Elle n'est pas nécessaire pour des logiciels comme PE-Design, puisque ces derniers ne savent pas travailler avec des dessins vectoriels. Il faut éliminer les grandes superpositions, sinon on va broder plusieurs couches l'une sur l'autre et casser les aiguilles ou endommager la machine. Pour Stitch Era ce n'est pas nécessaire, car on peut lui demander de gérer toutes les superpositions ou seulement les superpositions importantes. Hatch prend des décisions automatiques sur lesquelles on n'a pas de contrôle.

Dans Inkscape :

En l'état, le fichier contient un arrière-plan du visage noir, alors qu'une simple bordure suffit. La solution adoptée est la suivante :

  • Supprimer l'objet noir en arrière-plan.
  • Sélectionner tous les objets qui restent (Ctrl-A).
  • Les dupliquer : Ctrl-D.
  • Unifier le duplicat : Ctrl-+.
  • Définir une marge de 2,5 mm pour le nouvel objet, et ôter le remplissage en utilisant le panneau Objet → Fond et Contour (Ctrl-Shift-F).

On a maintenant une jolie bordure. Pour Stitch Era ce n'est pas nécessaire, car on peut facilement ajouter une bordure à un objet de broderie généré.

L'arrière-plan noir doit encore être éliminé, mais il faut préserver le noir pour les yeux et la bouche. La méthode la plus simple dans ce cas est de le dupliquer, réduire le duplicata et soustraire — stratégie expliquée plus loin avec plusieurs exemples dans InkStitch - broder un emoji.

  • Réduisez le fond noir avec Ctrl-( jusqu'à ce qu'il soit caché derrière le visage jaune.
  • Dupliquer le visage jaune (car on va le soustraire du fond noir).
  • Sélectionnez le fond noir plus le duplicata du visage et appuyez sur Ctrl-− (Chemin → Différence).
  • Les yeux sont à séparer : Chemin → Dupliquer.

Voici un exemple (download)


Il existe aussi une fonction « aplatir » qui ne fonctionne qu'avec des polygones bien fermés.

Superposition des bords

Après avoir trié les objets dans l'ordre, il convient de superposer un peu leurs bords car la broderie se contracte toujours. Soit vous agrandissez l'objet censé aller en arrière (brodé en premier), soit vous agrandissez l'objet qui va devant (brodé après). Utilisez les opérations prévues pour diminuer ou agrandir une forme : Éroder ou Dilater (angl. « inset » et « outset »). Définissez une distance par défaut dans les options du programme. Alternativement, on peut aussi jouer avec les paramètres de broderie de compensation.

Agrandir ou diminuer un objet dans Inkscape :

  • Pour définir la distance d'agrandissement/diminution par défaut :
    Édition → Préférences → Comportement → Pas : Intérieur/Extérieur = 0,2 mm.
  • Pour agrandir : Chemin → Dilater (angl. Path → Outset) ou Ctrl-).
  • Pour diminuer un objet : Chemin → Éroder (angl. Path → Inset) ou Ctrl-(.

Une fois ces opérations terminées, vous pouvez soit numériser ces objets avec Ink/Stitch (qui va simplement ajouter des annotations aux objets), soit les importer dans un autre logiciel comme Hatch ou Stitch Era.

D'un dessin vers un objet de broderie

La procédure pour traduire un dessin vers un objet de broderie est forcément différente dans chaque logiciel, mais il existe deux principes similaires.

  • Logiciels avec module dessin (Stitch Era, Ink/Stitch, Hatch+Corel, etc.) : à partir d'un dessin importé, on crée des objets de broderie qui seront paramétrés selon un choix d'options que l'on peut régler plus ou moins en détail.
  • Logiciels sans module dessin (PE-Design, etc.) : depuis un logiciel de dessin, on exporte d'abord une image matricielle à haute résolution. On numérise ensuite l'image matricielle en faisant bien attention aux compensations automatiques. Cette méthode fonctionne également dans Stitch Era ou Hatch, mais elle n'est conseillée que pour les objets « plats ».

Une fois les objets de broderie créés, il faut les reparamétrer. Il faut notamment ajuster les angles de direction et parfois modifier l'ordre de broderie, voire changer le type de points.

Ci-dessous on montre rapidement le processus en entier pour nos trois logiciels, en mettant en avant les principes et non les détails opérationnels pour lesquels il faut consulter d'autres tutoriels ou le manuel.

Dans Ink/Stitch

Dans Ink/Stitch on choisit un ou plusieurs objets qui sont censés devenir des objets de broderie similaires (même remplissage). Ensuite on lance le paramétrage qui inclut une prévisualisation du plan de broderie. Attention : par défaut Ink/Stitch numérise tous les fonds en tatami et tous les contours sans fond en points avant. Mauvais résultat garanti si votre dessin comprend beaucoup de colonnes étroites !

Dans l'exemple suivant, on a choisi deux objets du dessin biberon (un emoji de Twitter). Ensuite on lance Menu Extensions → Ink/Stitch → Paramètres et on a changé le paramètre de densité à 0,22. Selon le type de point choisi, on obtient un panneau de paramétrage différent. Lire les tutoriels pour Ink/Stitch pour plus de détails.

Numériser une zone avec Ink/Stitch

Dans Stitch Era

Dans Stitch Era on utilise la méthode Template:Indexit « Art to Stitch » (Image en Objets) en choisissant un, plusieurs ou tous les objets (voir Template:Figref). Cette méthode permet déjà d'indiquer les paramètres de base pour les remplissages, les satins et les lignes — notamment la longueur des points, la densité et la compensation. Toutefois, il faudra faire des ajustements dans le gestionnaire d'objets par la suite (voir Template:Figref. On peut également — point important — gérer les superpositions (élimination totale, élimination de grandes superpositions, ou aucune élimination). On voit aussi dans le panneau « broderie » des commandes pour créer des objets de broderie directement, fonction qu'on utilise très rarement. Stitch Era permet la conversion de fichiers matriciels et vectoriels. Pour les fichiers matriciels, on conseille de réduire d'abord les couleurs puis de les transformer en vectoriel avec les outils intégrés.

Conversion d'objets vectoriels importés dans Stitch Era. On élimine les grandes superpositions.Template:Figid
Paramétrage d'un objet « flamme dans Stitch Era ». Dans le panneau à droite, on voit une partie des paramètres.Template:Figid

Dans Hatch

Dans Hatch 3 et 4, on peut importer soit un fichier matriciel (*.PNG, *.JPG), soit un fichier vectoriel en *.CDR (CorelDraw), *.WMF (Windows) ou *.EPS (Encapsulated Postscript).

Importation d'un fichier matriciel

Comme les outils d'édition de vecteurs sont très limités, on conseille de bien finir le dessin dans un logiciel de dessin et d'exporter le dessin en PNG. S'il y a des superpositions complexes à gérer, on conseille d'utiliser l'importation de dessins vectoriels (cf. ci-dessous).

Exportation d'un fichier vectoriel vers *.PNG depuis un logiciel de dessin :

  • Dans Illustrator : sélection puis clic droit → Export Selection.
  • Dans Inkscape : Fichier → Exporter au format PNG.

On conseille de choisir une précision très élevée, par exemple 600 DPI ; pour le reste, vous pouvez utiliser les paramètres par défaut.

On ne peut plus modifier un dessin matriciel dans Hatch. Ceci dit, on peut ajuster — si nécessaire — la forme des objets de broderie. Il faudra notamment vérifier les compensations, le choix des remplissages et leurs paramètres.

Il est très important d'importer une image propre. Les images suivantes — tirées d'une proposition de logo pour un cours en ligne sur l'écriture Dongba — illustrent le contraste entre (1) un PNG de mauvaise qualité fait avec une copie d'écran et sa numérisation, et (2) un PNG de bonne qualité extrait d'un PDF avec Acrobat PRO et sa numérisation. On voit que la numérisation de la mauvaise image produit une bordure supplémentaire et des objets de broderie peu précis.

Bien entendu, pour obtenir un résultat optimal, il faudrait également vérifier la numérisation — notamment les sous-couches, les directions, les sous-sections, etc. Mais le résultat brut montré ici serait déjà « brodable ».

Pour en savoir plus : Hatch Embroidery 3 - numérisation automatique

Importation d'un fichier vectoriel

  • On conseille de produire un fichier *.EPS depuis votre logiciel de dessin (standard Adobe, similaire au PDF). Si vous avez acheté le module CorelGEM, vous pouvez importer du SVG ou n'importe quel autre format dans Corel, puis convertir.
  • Il faut impérativement décocher la case matriciel dans le dialogue d'importation. Le résultat est la liste des vecteurs du dessin que l'on retrouve dans le panneau « mettre en séquence » comme dans l'image ci-dessous.
  • Ensuite on peut sélectionner vecteur par vecteur, ou des groupes, et les convertir avec la méthode « clic » présentée ci-dessus dans la section « Numérisation directe d'images matricielles ». On conseille de numériser en priorité les vecteurs qui n'incluent que des petits objets sans jours : cela créera un tatami plus régulier. Ensuite, il faudrait de préférence broder les petits objets en satins, ou en tatami sans sous-couche. Les vecteurs peuvent être modifiés dans Hatch si nécessaire.
File:Hatch3-cliquer-pour-remplir.png
Cliquer pour remplir avec ou sans jours

On décrit plus de détails concernant la numérisation (semi-)automatique avec Hatch 3 + CorelDRAW GEM dans l'article CorelDRAW GEM for Hatch Embroidery.

Paramétrisation

La paramétrisation des objets générés est une étape incontournable — la numérisation automatique produit rarement un résultat exploitable sans ajustements. Les points suivants sont les plus importants à vérifier et à adapter. Ils sont traités en détail dans l'article Principes de la numérisation en broderie machine.

  • Lignes de direction des satins : après une numérisation automatique, il manque souvent des lignes de direction ou certaines sont mal orientées. Un satin sans lignes de direction correctes brode de travers et donne un rendu irrégulier. Vérifiez chaque colonne satin et ajoutez ou corrigez les lignes si nécessaire.
  • Variation des directions des zones tatami : si tous les tatamis d'un motif sont brodés dans la même direction, les effets de traction (pull) s'accumulent et la broderie se déforme. Alterner les angles d'un objet à l'autre — par exemple 45°, 135°, 0° — répartit les tensions et améliore la stabilité générale.
  • Compensation d'étirement : sans compensation, les formes rétrécissent dans le sens de broderie et des espaces blancs apparaissent entre les objets. Valeur de départ conseillée : 0,2 à 0,3 mm pour un tissu stable, davantage pour un tissu extensible.
  • Superpositions entre tatamis : deux objets tatami adjacents doivent se chevaucher légèrement (0,2 à 0,5 mm) pour éviter les espaces visibles. Sans superposition, le retrait du tissu laisse apparaître le fond, surtout sur les tissus clairs.
  • Zones de concentration de points : aux coins et aux jonctions où plusieurs objets se rejoignent, les points s'accumulent et rigidifient la broderie, voire percent le tissu. Il faut alléger ces zones en décalant les points d'entrée/sortie ou en réduisant la densité localement.

Dépôts de clipart

Voici un petit choix de ressources que l'on utilise.

Vectoriel

  • Open Clip Art Library (SVG et PNG). Dessins variés, la plupart pas compatibles avec la broderie.
  • FreeSVG Dessins variés, la plupart pas compatibles avec la broderie.
  • FreeSVGClipArt Dessins variés, la plupart pas compatibles avec la broderie.
  • The Noun project (inscription requise). Très grand catalogue d'icônes.
  • Nuvola SVG icons (icônes SVG dans le dépôt de WikiMedia).
  • Public domain vectors
  • Iconify Grand catalogue d'icônes open source (y compris les polices emoji).
  • Adobe stock (commercial, cher, mais de qualité).
  • Toutes les polices installées sur votre ordinateur.

Matriciel

  • La plupart des sites listés sous « Vectoriel » permettent également une exportation en *.PNG.

Générateurs

On peut générer des images avec divers générateurs d'images. Dans ce cas, il est important de préciser que l'image doit être simple, plate, avec peu de couleurs, pas de petits détails, etc. Certains, comme ChatGPT peuvent produire du SVG. Illustrator contient un outil qui permet de produire une image vectorielle en utilisant des images de référence pour le style.

Conclusion

Voici quelques astuces à retenir.

Astuces : Numérisation semi-automatique

La numérisation semi-automatique permet de générer rapidement un design de broderie à partir d'une image, tout en conservant un contrôle manuel sur la qualité.

Étapes clés :
  • Sélectionnez ou créez une image nette, simple, bien contrastée, avec peu de couleurs. Préférez un format vectoriel (SVG, AI, EPS…) ou un PNG bien préparé.
  • Préparez votre fichier vectoriel avant l'import (pas de superpositions inutiles, simplifiez les formes).
  • Choisissez un outil de numérisation automatique adapté et appliquez-le à toute l'image, à une partie ou objet par objet.
  • Définissez pour chaque forme le type de point souhaité : zone tatami, colonne satin, ligne, etc.
  • Ajustez les formes et les paramètres techniques (densité, angle, sous-couches, compensation, bordures…).
  • Pour une image matricielle, réduisez d'abord le nombre de couleurs et ajustez la résolution.
  • Paramétrez chaque objet avec soin.
  • Lancez une simulation et examinez le résultat en détail.
  • Brodez un échantillon test et ajustez si besoin.
Conseils pratiques :
  • Utilisez des clipart de qualité (rapide) ou dessinez directement en vectoriel (idéal pour logos ou écussons).
  • Évitez les conversions 100 % automatiques sans réglage manuel : elles donnent souvent des résultats médiocres.
  • Préférez les outils semi-automatiques comme « click-to-stitch » (Hatch) ou les assistants avec contrôle global (Stitch Era).
  • Évitez de numériser des lettres — utilisez les polices déjà numérisées. À la limite, vous pouvez utiliser les polices TrueType si votre logiciel les importe dans l'outil de lettrage, mais sachez qu'il faudra y apporter des corrections.

Cette méthode combine la rapidité de l'automatisation avec la qualité du travail manuel.